mardi 19 juillet 2011

10 Minute Psycho

 
Je n’ai vu qu’1/144ème du 24 Hour Psycho de Douglas Gordon, c'est-à-dire 1200 images environ.

En imaginant que j'eusse été libre de toute contrainte, je me demande combien de temps je serais resté dans la chapelle du Méjean... Une heure ? Plusieurs heures ? 24 heures ?

Et comme souvent, la question (me) semble beaucoup plus intéressante que la réponse (vous êtes libre d'en déduire que je m’accommode plutôt bien de la contrainte...). 

ps : si vous désirez savoir où peut conduire une vision plus poussée de Psychose projeté à 2 images par seconde, je vous invite à lire Point Omega de Don DeLillo. 

lundi 18 juillet 2011

Home Sweet Home

C’est l’histoire d’un toro qui ne veut pas rentrer chez lui.
Non, c’est le contraire, c’est l’histoire d’un toro qui veut rester chez lui.
Parce qu’il a découvert que chez lui c’est ici, dans l’ovale de sable, pas dans le pré. Alors après ses vingt minutes de course, il en redemande. Il ne rentrera pas au toril, il chatouillera leurs fesses encore un moment, il démontera les barrières une à une, il ridiculisera les braves et il se fera acclamer, encore. Encore longtemps, encore vingt minutes. Et puis encore vingt minutes, parce qu’une heure, c’est bien, c’est rond.
Et les Simbèu et leur cloche n’y pourront rien, ni les souricières grosses comme des bœufs, ni les lassos, ni les parasols, ni tous les n’importe quoi.
Il connaît l’histoire, comme un vieux singe. Il défie, il attend, il ne s’essouffle pas et les renvoie l’un après l’autre et tous ensemble. Et à chaque fois, l’assaut passé, il revient se placer au centre de l’arène, exactement au centre. Encore. Et il attend.
Ils ont la cocarde, grand bien leur fasse, moi je reste là.

dimanche 17 juillet 2011

La Jetée, donc

Dans la station Brochant en travaux - Juillet 2010






























C'était donc ça, La Jetée.
Retourner là, revenir là, rester là.
Retrouver ce visage reconnu dès la première fois.
Si ce n'est pas du temps vertical, je ne sais pas ce que c'est.

mercredi 13 juillet 2011

KO, OK. Mais OK ?

Probablement en bête réaction à une utilisation effrénée d'abréviations, il me vint tout à l’heure l’envie de répondre en toutes lettres à deux sms (short message service, oui) envoyés par un ami.
Voulant signifier mon état pour décliner une invitation à dîner, je répondais donc que j’étais « Knocked-Out ». Et pour accepter un rendez-vous prochain, je voulus réitérer le principe sur le fidèle et parfait OK. Mais là, je restai interdit. A quoi correspondaient donc ces deux lettres si souvent tapées ? Je ne m'étais tout simplement jamais posé la question...
Mon smartphone et Wikipedia m’apportèrent aussitôt la réponse (trop facilement, mais) :
Malgré de nombreuses étymologies populaires, l'origine de ce terme ne fait plus débat. La première occurrence attestée date de 1839 dans le Boston Morning Post comme abréviation de « Oll Korrect », altération graphique de « all correct », version familière de l'époque du « all right » (« tout est bien », « tout va bien ») britannique.
Voilà, j’aurais au moins appris un truc aujourd’hui.

mardi 12 juillet 2011

Falling Into Place (Le Blues du Chevalier)

Depuis l’étrangère
Je tremble

Mon armure grince

Black Beauty se prend les pieds dans le tapis
Et la charrette est en pièces

J’ai perdu mon épée
Les combats m’ennuient

J’ai la main moite et la langue perdue

Mes larmes ont retrouvé le chemin
Le sommeil me fuit

Tout s’écroule

Et je connais la joie


Le Blues du Chevalier


(pour éviter les tremblements au début du morceau, appuyer sur pause
le temps que le fichier soit entièrement chargé, puis relancer la lecture)

lundi 11 juillet 2011

Joao, la Mémoire et le Temps Vertical

C’est un jour à écouter en boucle Joao Gilberto, l’album de 1973.
Un album pas écouté depuis trente cinq ans et que je connais par cœur pourtant donc, depuis qu’un achat sur iTunes a fait resurgir la pochette du 33 tours sur le carrelage cannois, et la musique… là-bas, ici, dedans moi, aujourd'hui. 
"Car un souvenir ne se visionne pas, il se recrée" comme le dit David Mazuchelli dans son excellent Asterios Polyp, où l’on découvre que la mémoire aussi a droit à son temps vertical, à la reprise…




samedi 9 juillet 2011

Einmal

Einmal

Eloignons-nous des lumières
Gagnons la dernière clairière
Faussons compagnie à tous les réseaux
Mettons des œillères
Ne regardons que nous
Bénies soient les nuits sans couverture
Viens là, ma petite ourse
C’est moi, ta polaire

Einmal ist keinmal, dis-tu tout bas
Une fois, ça ne compte pas
Mais s’il était une fois des amoureux
Ils sont à jamais heureux

Quelle belle journée sur terre
Quand on pourrait être dessous
Pierrot, tu m’appelles
D’accord, soyons un minimum fou

Les choses de la vie
Sont plus belles en Eastmancolor
Laissons nos corps courir vers le néant
Immolons nos cœurs dans le décor
Cachons-nous derrière
Ces éternels sempiternels sentiments
Et volons vers l’Ouest
Pour que ce jour dure toujours, mein liebe

Einmal ist keinmal, dis-tu tout bas
Une fois, ça ne compte pas
Mais s’il était une fois des amoureux
Ils sont à jamais heureux
...

mercredi 6 juillet 2011

Western Haïku n°11

Sur la terre brûlée
Deux poissons dansent sur le dos
Dis, tu pleures, bébé ?

mardi 5 juillet 2011

dimanche 3 juillet 2011

Je Suis Celui Qui Attend


(pour éviter les tremblements au début du morceau, appuyer sur pause
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mardi 28 juin 2011

Je Suis Celui Qui Attend


 










Mammifère illuminé
Squelette au cœur régulier
J’attends là depuis toujours

Rien ne saura me distraire
Hibou chou genou caillou

Ignorant l’essoufflement
Je suis celui qui attend

Estragon enraciné
Au pied de la grande roue
Monolithe inachevé
Etendu assis debout

Je suis celui qui attend
Il n’y a rien d’autre à faire

Nulle gesticulation
Ne rompra l’enchantement

J’attends

Que tu éclipses en plein jour les ors de la Cour


lundi 27 juin 2011

samedi 25 juin 2011

mercredi 22 juin 2011

Vertige/De L'Amour (Boris Bergman/Alain Bashung)


Merci à Madame Schlegel pour l'inspiration
Merci à Marc pour sa ligne de basse

mardi 21 juin 2011

lundi 20 juin 2011

Victor Eremita & “Judge Vilhelm” back from the Mac Donald’s

(au premier plan, à droite et de dos : Johan Frederik S., au second plan : Regine O.)

-  ... 
- Ou bien le temps vertical existe, ou bien il n’existe pas. C’est 1 ou 0. Et si le temps vertical existe alors l’amour absolu existe, fût-il à la portée des caniches.
- Tu mélanges tout. Et tu ne respectes rien. Nos décisions nous obligent. Le temps vertical est le chemin de la croyance, pas une méthode au service des couples.
- Je te parle d’absolu et tu me réponds “vie de couple”, tu es désespérant. De toutes façons, je ne vois pas pourquoi je perds mon temps à discuter avec un type qui aime les cafés viennois du Mac Do…

mercredi 15 juin 2011

De Deux Choses l'Une


Binaire.
Comme le système.
1 ou 0. Le système de base 2, quoi. 
Cinq fois plus facile que la base 10 du CP qu’on apprenait en imbriquant de faux Lego.
Se prendre, me prendre, pour un transistor n’ayant le choix qu’entre deux états.
Au mieux, au pire, imaginant une improbable suite de huit questions, atteindre l’octet.
Mais à l’abri du méga, sans risque aucun de tendre au giga.
1 ou 0, et c’est tout. Question suivante.
1 ou 0, c’est tout à fait suffisant pour la plupart des décisions que le quotidien nous invite à prendre, et d’une efficacité redoutable dans la presque totalité des cas. Finies les argumentations, tergiversations, considérations, reconsidérations…
Et justement, considérant une des questions qui m’obsèdent, le vieillissement, le système binaire se révèle même être une pure bénédiction.
1 = vivant ; 0 = mort, et le tour est joué. L’équation à peine posée, la vieillesse n'est plus qu'un très vieux souvenir.
Vivant ou mort, donc. Donc sans âge. Et aussitôt, je me sens mieux. Sans âge, mais un peu plus jeune, oui.
Carrément.
Grâce en soit rendue au système binaire.
Vous pourriez me proposer de poursuivre la partie avec : jeune ou vieux ?
Parce que jeune ou vieux, c’est binaire aussi, non ? 
Mais c’est moi qui pose les questions (ou les problèmes, appelez ça comme vous voudrez).
Et je pose : 1 = vivant ; 0 = mort. Et je m’arrête là, à 1.
...
Ceci posé, je ne nie pas que certaines questions puissent résister au système binaire...
1 = je les pose ; 0 = je ne les pose pas.
...

mardi 14 juin 2011

Western Haïku n°8

Saloon sans étoile
Belle chante parmi les balles
Deux cœurs dans la main

samedi 11 juin 2011

Il y A


Improvisation sur un poème d'Apollinaire et quelques phrases ajoutées
(pour éviter les tremblements au début du morceau, appuyer sur pause
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mardi 7 juin 2011

Il y A

Il y a des poèmes
Comme Il y a
Mais il y a aussi…
Oui
Mais restons-en là
A Apollinaire

Venez venez fillettes
Faut pas rester sur terre
Vaut mieux vaut mieux mourir

Et dardant un rayon
Tandis qu’elles trois courent
Après un papillon

Il enflamme les filles
Les trois fillettes brunes
Soleil Faut-il mourir

On vit trois étincelles
Et puis plus rien le rêve
Le rêve et le soleil

lundi 6 juin 2011

Caprice

Je ne veux pas aller dans la boîte.
Va pour les roses dans la gueule. Et va, les poignées de terre.
Mais pas la boîte. Non.
Je ne supporte pas un col roulé, alors comment voulez-vous.

Et je ne veux pas aller dans le four.
J’ai vécu trop lentement pour partir si vite.
Et ces signaux de fumée n’annoncent rien qui vaille.

Non, pas.

Tel les sans-abri japonais qui s’évaporent dans leur dernier bain,
je veux disparaître par magie. Voilà.
Réussir le hold-up parfait où voleur et magot ne faisant qu’un
se jouent de toutes les lois.

Ou sinon je reste là. Dans tes bras.


dimanche 5 juin 2011

Western Haïku n°7

Williamsburg tangue
Pas un chat sur l’East river
Souffle de colosse

vendredi 3 juin 2011

Western Haïku n°6

Un homme à genou
Un dollar dans le crachoir
Au loin, une rivière