jeudi 18 août 2011
mercredi 17 août 2011
Il Ne Nous Manque (Que Les Bras)
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mardi 16 août 2011
dimanche 14 août 2011
Joueurs
J’entretiens une relation particulière avec Don DeLillo.
Les lectures de dix de ses livres sur une vingtaine d’années, leur contenu, le style de DeLillo, et de multiples résonnances au fil du temps, ont tissé des liens plus ou moins conscients entre (les livres de) ce Monsieur et moi-même, des liens qui n’appartiennent qu’à nous. Une histoire d’affinités, j’imagine, parce que c’est lui, parce que c’est moi, mais surtout, plus probablement, parce qu'il sait écrire ce que je (ne) comprends (pas). Assez exactement.
Je ne suis évidemment pas le seul admirateur de DeLillo à pouvoir écrire ces quelques lignes, mais.
J’ai découvert DeLillo en 1992 en tombant sur une pile toute neuve de Mao II posée sur une table de la librairie Actes Sud à Arles. Le titre, la photo et le nom de l’auteur ont fait naître aussitôt des évocations simultanées dans tous les sens : “Don” Diego Donald (sans compter le Draper à venir), l’Espagne et l’Italie, les parrains, la noblesse émigrée “DeLillo”, son L majuscule central et sa sonorité ; “Mao II” en référence à Warhol, mais aussi Mao tout court titrant l’image de ces occidentaux hurlants, victimes ou guerriers, forcément coupables, plongeant-sortant des flammes de l’enfer, du Vietnam, d’un accident technologique ou d’un acte de terrorisme (à venir)… Sans oublier la quatrième de couverture qui indiquait (de mémoire) que si cet ex concepteur-rédacteur dans la publicité était encore inconnu en Europe, il était l’auteur d’une œuvre déjà importante et acclamée outre-Atlantique…
Très bien, mais le plus intéressant, c'est que la lecture de Mao II fut largement à la hauteur de mes espérances de jeune instant-groupie. Et je dois avouer qu’à mon réel plaisir de lecteur s’ajouta la fierté puérile d’avoir mis la main tout seul comme un grand sur un livre important, pour ne pas dire d’avoir ni plus ni moins découvert un auteur dont tout le monde allait bientôt parler. Oui...
Vingt ans plus tard, je termine Joueurs à Arles (acheté il y a quelques années à Paris et oublié-perdu depuis, derrière une rangée d’autres livres). Et j’éprouve le même (le même ?) plaisir qu’à la lecture de Mao II vingt ans plus tôt. Ces personnages perdus dans une civilisation en bout de course qui jouent les rôles (impossibles ?) qui se présentent à eux (comme ils ont accepté les précédents), ou qui les inventent à l’envers à l’endroit dans une écriture automatique aveugle mais toujours consciente de la fin (de la route), parce qu’il n’y a rien d’autre à faire ou alors le contraire, ce qui revient évidemment au même à un détour près... Ces parenthèses à l’intérieur de ces parenthèses qui vous rapprochent en vous éloignant, ces micro histoires avortées, ces dialogues qui appartiennent à qui, ces doubles rôles, ces demi sentiments tellement plus parlants que les gros, ces gestes de rien qui changent tout, ces mots ordinaires et obsédants, ces décisions logiquement incompréhensibles et pourtant pas, tous ces détails de nos toutes petites histoires dans la grande rapportés avec une mémoire impitoyable et pourtant compatissante, construisent-traduisent si bien mon petit chez moi, tellement si bien. Vies minuscules, destins, affinités électives, je vous dis.
Et quand DeLillo, dans Joueurs toujours, mêle attaque terroriste et World Trade Center dès 1991, j’éprouve avec lui le sentiment puissant d’avoir compris depuis longtemps. Mais quoi ?
Demain, je vais me rendre à la librairie Actes Sud du Méjean, et je vais en ressortir avec un autre DeLillo. La vie est belle, la vie est simple.
samedi 13 août 2011
samedi 6 août 2011
Comme Un Prince
S’il est vrai que le lit où dormit Napoléon III de passage au château de Reynies n'est pas très grand, le simple citoyen Olsen 1840 peut néanmoins témoigner que l’on y dort comme une souche, un loir, un prince, ou bien ou bien, nuit après nuit, jour après jour (l’ombre portée de la couronne de fleurs dessinant curieusement les ailes de l’aigle impérial au-dessus de la couche de notre premier Président de la République nous rappelle qu’il fût également notre dernier monarque)...
vendredi 5 août 2011
Maurice, Marcel et la Guerre des Gaules
vendredi 29 juillet 2011
mercredi 27 juillet 2011
Oublier Par Coeur
Je me souviens d’un petit vélo rouge à guidon chromé au fond de la cour.
Je me souviens que six fois cinq font trente et de mille autres choses,
sans compter les âmes.
C’est un petit val qui mousse de rayons
On nous apprend à nous souvenir. Lire, relire, répéter, réciter.
On nous apprend à retenir.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue
On nous apprend à apprendre par cœur.
Curieuse expression pour des petits perroquets,
pour des singes si peu savants.
Pour des enfants qui ne demandent qu’à courir dans le jardin.
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut
Mais aussi bête qu’elle soit, la technique produit ses effets
et le cœur se souvient.
De ce qu’il veut quand il veut, et pas quand on l’appelle.
Il a ses raisons, ça ne se discute pas.
Nature, berce-le chaudement : il a froid
On nous dit que plus on fait travailler sa tête, plus elle travaille,
on nous dit que la mémoire est infinie. La belle affaire…
Et les paradis perdus se serrent là-haut sur l’étagère,
loin des mains, loin du cœur.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Ce qu’il faudrait apprendre en grandissant, c’est à quitter, à laisser, à perdre.
Réinitialiser les sentiments, redevenir innocent.
Ce qu’il faudrait, c’est oublier par cœur.
…
mardi 26 juillet 2011
lundi 25 juillet 2011
Pipi Stop
En consultant au hasard laboiteverte.fr, un blog de photographe à la sélection fort recommandable, je suis tombé sur une collection de dessins présentant 30 façons de s’électrocuter. Au delà de l’aspect divertissant et potentiellement utile d’un tel article, c’est sur le premier dessin de la série (reproduit ci-dessus) que je souhaite attirer votre attention.
J’ai, depuis l’âge de 9 ans, adopté une pratique excellente pour la tonicité du périnée, même si ce bénéfice (au demeurant fort appréciable) n’a jamais joué un vrai rôle dans ma motivation. Non, l’idée de cette pratique est née d’un simple souci d’hygiène personnelle et tient en une petite phrase que voici : il s’agit d’interrompre brièvement la miction toutes les trois-quatre secondes pour éviter l’introduction de microbes dans le canal urinaire.
Bien sûr que c’est intéressant.
Nous sommes tous d’accord, des microbes vivent dans l’eau des toilettes. Ca ne mérite pas de débat, il y a des tas de microbes dans toutes les toilettes du monde.
Bien. Si tous ces microbes vivent dans l’eau, c’est qu’ils savent nager.
Vous voyez, ma pensée est claire, j’avance dans le plus pur esprit cartésien. Je continue.
Passant leur vie de microbe aquatique à nager, ils sont évidemment devenus de très bons nageurs par la force des choses et par celle du temps combinées… D’autant plus que leur existence n’a rien d’un long fleuve tranquille. Mettez-vous une seconde à la place d’un microbe et imaginez la chute d’une chasse d’eau… Alors ? Vous voyez, d’excellents nageurs…
Poursuivons. Vous êtes en train d’uriner et votre jet atteint la surface de l’eau de la cuvette. Après quelques secondes de surprise, les microbes les plus téméraires ou les plus curieux ou encore quelques dégénérés se prenant éventuellement pour des saumons, décident de remonter le jet de votre urine… Attention, c’est là que tout se joue. Il s’agit d’estimer leur remontée et de couper net le jet au bon moment. Trop tôt et votre miction devient rapidement une torture ; trop tard et les microbes se sont introduits dans votre canal urinaire… Eh oui. C’est là que mon expérience s’avère précieuse. Pas le moindre problème urinaire en 88 ans... Je suis formel, en moins de quatre secondes, aucun microbe n’a le temps d’atteindre l’entrée du canal. Bon, ces chiffres sont à pondérer par la taille de l’individu (je mesure 1,78 m) et le temps est à réduire de moitié pour toute miction effectuée en position assise. Idéalement, il est souhaitable reproduire ces interruptions en variant de quelques dixièmes de seconde afin que les microbes ne soient pas en mesure de s’adapter. Voilà. Vous comprenez maintenant ma joie de découvrir cette illustration qui confirme bien les propriétés conductrices du jet d’urine. Electricité ou microbes, même combat, dites stop au danger, adoptez le Pipi stop.
samedi 23 juillet 2011
jeudi 21 juillet 2011
mercredi 20 juillet 2011
mardi 19 juillet 2011
10 Minute Psycho
Je n’ai vu qu’1/144ème du 24 Hour Psycho de Douglas Gordon, c'est-à-dire 1200 images environ.
En imaginant que j'eusse été libre de toute contrainte, je me demande combien de temps je serais resté dans la chapelle du Méjean... Une heure ? Plusieurs heures ? 24 heures ?
Et comme souvent, la question (me) semble beaucoup plus intéressante que la réponse (vous êtes libre d'en déduire que je m’accommode plutôt bien de la contrainte...).
ps : si vous désirez savoir où peut conduire une vision plus poussée de Psychose projeté à 2 images par seconde, je vous invite à lire Point Omega de Don DeLillo.
lundi 18 juillet 2011
Home Sweet Home
C’est l’histoire d’un toro qui ne veut pas rentrer chez lui.
Non, c’est le contraire, c’est l’histoire d’un toro qui veut rester chez lui.
Parce qu’il a découvert que chez lui c’est ici, dans l’ovale de sable, pas dans le pré. Alors après ses vingt minutes de course, il en redemande. Il ne rentrera pas au toril, il chatouillera leurs fesses encore un moment, il démontera les barrières une à une, il ridiculisera les braves et il se fera acclamer, encore. Encore longtemps, encore vingt minutes. Et puis encore vingt minutes, parce qu’une heure, c’est bien, c’est rond.
Et les Simbèu et leur cloche n’y pourront rien, ni les souricières grosses comme des bœufs, ni les lassos, ni les parasols, ni tous les n’importe quoi.
Il connaît l’histoire, comme un vieux singe. Il défie, il attend, il ne s’essouffle pas et les renvoie l’un après l’autre et tous ensemble. Et à chaque fois, l’assaut passé, il revient se placer au centre de l’arène, exactement au centre. Encore. Et il attend.
Ils ont la cocarde, grand bien leur fasse, moi je reste là.
dimanche 17 juillet 2011
La Jetée, donc
| Dans la station Brochant en travaux - Juillet 2010 |
C'était donc ça, La Jetée.
Retourner là, revenir là, rester là.
Retrouver ce visage reconnu dès la première fois.
Si ce n'est pas du temps vertical, je ne sais pas ce que c'est.
mercredi 13 juillet 2011
KO, OK. Mais OK ?
Probablement en bête réaction à une utilisation effrénée d'abréviations, il me vint tout à l’heure l’envie de répondre en toutes lettres à deux sms (short message service, oui) envoyés par un ami.
Voulant signifier mon état pour décliner une invitation à dîner, je répondais donc que j’étais « Knocked-Out ». Et pour accepter un rendez-vous prochain, je voulus réitérer le principe sur le fidèle et parfait OK. Mais là, je restai interdit. A quoi correspondaient donc ces deux lettres si souvent tapées ? Je ne m'étais tout simplement jamais posé la question...
Mon smartphone et Wikipedia m’apportèrent aussitôt la réponse (trop facilement, mais) :
Malgré de nombreuses étymologies populaires, l'origine de ce terme ne fait plus débat. La première occurrence attestée date de 1839 dans le Boston Morning Post comme abréviation de « Oll Korrect », altération graphique de « all correct », version familière de l'époque du « all right » (« tout est bien », « tout va bien ») britannique.
Voilà, j’aurais au moins appris un truc aujourd’hui.
mardi 12 juillet 2011
Falling Into Place (Le Blues du Chevalier)
Depuis l’étrangère
Je tremble
Mon armure grince
Black Beauty se prend les pieds dans le tapis
Et la charrette est en pièces
J’ai perdu mon épée
Les combats m’ennuient
J’ai la main moite et la langue perdue
Mes larmes ont retrouvé le chemin
Le sommeil me fuit
Tout s’écroule
Et je connais la joie
Le Blues du Chevalier
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lundi 11 juillet 2011
Joao, la Mémoire et le Temps Vertical
C’est un jour à écouter en boucle Joao Gilberto, l’album de 1973.
Un album pas écouté depuis trente cinq ans et que je connais par cœur pourtant donc, depuis qu’un achat sur iTunes a fait resurgir la pochette du 33 tours sur le carrelage cannois, et la musique… là-bas, ici, dedans moi, aujourd'hui.
Un album pas écouté depuis trente cinq ans et que je connais par cœur pourtant donc, depuis qu’un achat sur iTunes a fait resurgir la pochette du 33 tours sur le carrelage cannois, et la musique… là-bas, ici, dedans moi, aujourd'hui.
"Car un souvenir ne se visionne pas, il se recrée" comme le dit David Mazuchelli dans son excellent Asterios Polyp, où l’on découvre que la mémoire aussi a droit à son temps vertical, à la reprise…
samedi 9 juillet 2011
Einmal
Eloignons-nous des lumières
Gagnons la dernière clairière
Faussons compagnie à tous les réseaux
Mettons des œillères
Ne regardons que nous
Bénies soient les nuits sans couverture
Viens là, ma petite ourse
C’est moi, ta polaire
Einmal ist keinmal, dis-tu tout bas
Une fois, ça ne compte pas
Mais s’il était une fois des amoureux
Ils sont à jamais heureux
Quelle belle journée sur terre
Quand on pourrait être dessous
Pierrot, tu m’appelles
D’accord, soyons un minimum fou
Les choses de la vie
Sont plus belles en Eastmancolor
Laissons nos corps courir vers le néant
Immolons nos cœurs dans le décor
Cachons-nous derrière
Ces éternels sempiternels sentiments
Et volons vers l’Ouest
Pour que ce jour dure toujours, mein liebe
Einmal ist keinmal, dis-tu tout bas
Une fois, ça ne compte pas
Mais s’il était une fois des amoureux
Ils sont à jamais heureux
...
jeudi 7 juillet 2011
mercredi 6 juillet 2011
mardi 5 juillet 2011
dimanche 3 juillet 2011
Je Suis Celui Qui Attend
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samedi 2 juillet 2011
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