
mardi 24 mars 2020
lundi 23 mars 2020
Entre 22H25 et 22H40
Une semaine. Que nous sommes dans cette si curieuse situation. De guerre, comme a dit le Président, qui fait ce qu'il peut, et qu'on a connu plus arrogant. Comme notre Premier Ministre, qu'on a connu plus en forme, au regard moins inquiet, et a la barbe moins blanche. C'est dire. Car ces hommes ne sont pas des mauviettes. Ils réagissent, comme ils peuvent, avec intelligence, et avec coeur, autant qu'ils peuvent, il n'y a pas à en douter. Avec leur limites, aussi. Humains, forcément humains. Pas si différents des autres.
Une semaine que je n'ai pas dix minutes à moi avant 22h et quelques. Edouard et Emmanuel ricanent, ils peuvent, mais ça me pèse, et j'ai le droit de le dire, je ne réquisitionne pas le journal de 20h de TF1, non plus - TF1 qui réclame une connexion avec mot de passe, sur ordinateur, pour pouvoir écouter notre Premier Ministre, quelle pitié, quel n'importe quoi.
Une semaine qu'on nous bassine avec l'ennui qui devrait nous assaillir, qu'on nous abreuve en recettes de cuisine, en activités à faire en famille.
Qu'on me laisse parler à ma fille, lire une page du livre qui prend la poussière à la tête de mon lit, et ça ira. L'ennui n'est pas le sujet.
Ca va certainement finir par se calmer. Là, les entreprises (du moins, certaines) ont besoin de conseil en communication, ou d'exécutants en communication. Tout de suite. Aujourd'hui. Parce que demain, tout aura changé. On parle bien de dimanche et de lundi, oui. Ce n'est pas faux, personne ne sait tout à fait de quoi demain sera fait. On pourrait se taire, aussi, mais ça fait encore plus peur. Est-ce que je me tais, moi ? Non, mais je n'achète pas non plus d'espace publicitaire avant le 20h de TF1, ni après.
J'aime ce rendez-vous de 20h, à la fenêtre, avec les mêmes voisins, de plus en plus chaleureux et bruyants, et sympathiques, et graves, et proches. Pas plus nombreux. C'est étonnant comme tout le monde ne réagit pas de la même façon, c'est certainement mieux comme ça. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser à d'autres guerres, à d'autres temps, passés ou à venir. Comment se comporteraient ceux qui ne saluent plus, qui vident les rayons des supermarchés, ou qui gardent leur fenêtre close à 20h, si les temps étaient pires ? On ne sait pas, ne généralisons pas. Oui, d'accord. Ok. Mais... Je me tais, je me tais. J'aimerais penser à ce moment. Réfléchir à ces émotions si diverses qui se succèdent du matin au soir, ces réelles compassions et ces éblouissements devant ces inattendus couchers de soleil flamboyants de mars. Paris est moins polluée, ou c'est un hasard ?
C'est fou le temps que ça prend de faire le ménage et deux repas par jour. C'est vrai que c'est un métier à plein temps, femme au foyer. Vous avez remarqué, on ne parle plus de Polanski, cette épidémie arrange un paquet de monde, quand même, et loin de moi l'idée d'y voir le moindre complot, le malheur des uns a toujours fait le bonheur des autres, ne cherchons pas la justice, la nature est aveugle et cruelle comme le covid-19, voilà tout, on peut relire Nietzche ou qui on voudra, dès que les entreprises qui ont besoin de communiquer nous en laisseront le temps, c'est comme ça et c'est tout. On voit quelques mêmes assez réussis sur les réseaux sociaux, comme ce Vierzon avant/après, où les rues sont uniformément désertes. On sourit. Pendant que des gens meurent. Oh, des gens meurent tous les jours, avec ou sans corona virus. Un tout petit peu moins sans, certainement. Mais on y pense davantage, et c'est peut-être une bonne chose. C'est toujours une bonne chose de penser. Autrement. J'aurais besoin de faire une pause, je parlerais moins pour ne rien dire. J'écris sans réfléchir, c'est une fuite, un moyen paradoxal de reprendre mon souffle, de me retrouver en vous jetant ces mots. Un moyen de vous toucher, de vous dire que vous me manquez. C'est vrai. C'est sûr, ça. Vous me manquez.
Une semaine que je n'ai pas dix minutes à moi avant 22h et quelques. Edouard et Emmanuel ricanent, ils peuvent, mais ça me pèse, et j'ai le droit de le dire, je ne réquisitionne pas le journal de 20h de TF1, non plus - TF1 qui réclame une connexion avec mot de passe, sur ordinateur, pour pouvoir écouter notre Premier Ministre, quelle pitié, quel n'importe quoi.
Une semaine qu'on nous bassine avec l'ennui qui devrait nous assaillir, qu'on nous abreuve en recettes de cuisine, en activités à faire en famille.
Qu'on me laisse parler à ma fille, lire une page du livre qui prend la poussière à la tête de mon lit, et ça ira. L'ennui n'est pas le sujet.
Ca va certainement finir par se calmer. Là, les entreprises (du moins, certaines) ont besoin de conseil en communication, ou d'exécutants en communication. Tout de suite. Aujourd'hui. Parce que demain, tout aura changé. On parle bien de dimanche et de lundi, oui. Ce n'est pas faux, personne ne sait tout à fait de quoi demain sera fait. On pourrait se taire, aussi, mais ça fait encore plus peur. Est-ce que je me tais, moi ? Non, mais je n'achète pas non plus d'espace publicitaire avant le 20h de TF1, ni après.
J'aime ce rendez-vous de 20h, à la fenêtre, avec les mêmes voisins, de plus en plus chaleureux et bruyants, et sympathiques, et graves, et proches. Pas plus nombreux. C'est étonnant comme tout le monde ne réagit pas de la même façon, c'est certainement mieux comme ça. Pourtant, on ne peut s'empêcher de penser à d'autres guerres, à d'autres temps, passés ou à venir. Comment se comporteraient ceux qui ne saluent plus, qui vident les rayons des supermarchés, ou qui gardent leur fenêtre close à 20h, si les temps étaient pires ? On ne sait pas, ne généralisons pas. Oui, d'accord. Ok. Mais... Je me tais, je me tais. J'aimerais penser à ce moment. Réfléchir à ces émotions si diverses qui se succèdent du matin au soir, ces réelles compassions et ces éblouissements devant ces inattendus couchers de soleil flamboyants de mars. Paris est moins polluée, ou c'est un hasard ?
C'est fou le temps que ça prend de faire le ménage et deux repas par jour. C'est vrai que c'est un métier à plein temps, femme au foyer. Vous avez remarqué, on ne parle plus de Polanski, cette épidémie arrange un paquet de monde, quand même, et loin de moi l'idée d'y voir le moindre complot, le malheur des uns a toujours fait le bonheur des autres, ne cherchons pas la justice, la nature est aveugle et cruelle comme le covid-19, voilà tout, on peut relire Nietzche ou qui on voudra, dès que les entreprises qui ont besoin de communiquer nous en laisseront le temps, c'est comme ça et c'est tout. On voit quelques mêmes assez réussis sur les réseaux sociaux, comme ce Vierzon avant/après, où les rues sont uniformément désertes. On sourit. Pendant que des gens meurent. Oh, des gens meurent tous les jours, avec ou sans corona virus. Un tout petit peu moins sans, certainement. Mais on y pense davantage, et c'est peut-être une bonne chose. C'est toujours une bonne chose de penser. Autrement. J'aurais besoin de faire une pause, je parlerais moins pour ne rien dire. J'écris sans réfléchir, c'est une fuite, un moyen paradoxal de reprendre mon souffle, de me retrouver en vous jetant ces mots. Un moyen de vous toucher, de vous dire que vous me manquez. C'est vrai. C'est sûr, ça. Vous me manquez.
samedi 21 mars 2020
The red shoes
Arte diffuse Les chaussons rouges de Michael Powell et Emeric Pressburger. Où l'art donne tout, mais réclame davantage. Beauté et cruauté. Tragédie achevée. Chef-d'oeuvre. Je n'aime pas ce mot, mais il semble être le bon.
Ce soir, au journal télévisé de France 2, un de nos compatriotes médecin à Wuhan, a déclaré que nous devrions inviter la population française à faire des réserves et interdire tout déplacement.
Alors que nous pourrions l'inviter, voire l'obliger, l'armée aidant au besoin, à voir et revoir Les chaussons rouges, qui est en streaming gratuit jusqu'au 31 mai.
Et s'il ne reste que des pâtes, le sang de Victoria Page nous fera oublier sans mal le manque de sauce tomate.
Ce soir, au journal télévisé de France 2, un de nos compatriotes médecin à Wuhan, a déclaré que nous devrions inviter la population française à faire des réserves et interdire tout déplacement.
Alors que nous pourrions l'inviter, voire l'obliger, l'armée aidant au besoin, à voir et revoir Les chaussons rouges, qui est en streaming gratuit jusqu'au 31 mai.
Et s'il ne reste que des pâtes, le sang de Victoria Page nous fera oublier sans mal le manque de sauce tomate.
jeudi 19 mars 2020
En attendant la réunification des deux Corées
Qui a pensé aux couples illégitimes ?
Qui a pensé à la passion, aux rendez-vous volés, aux mensonges inventifs, aux corps qui exultent en secret ?
On n'a pas oublié les petits entrepreneurs, mais le grand amour peut aller se rhabiller.
On a prévu des attestations pour sortir faire chier son chien, pour suer dans son jogging, pour remplir son caddie de PQ, ou pour vider les pharmacies de doliprane, mais aucun alinéa pour aller faire l'amour avec une personne consentante.
Il faut se confiner par foyer. Rester entre soi.
Télé-travail, famille, patrie.
Mais, patience, l'amour tient sa revanche.
Quand le confinement aura fini de consumer les unions sacrées, quand chaque homme ou chaque femme rêvera de la femme d'à côté, de l'homme de la rue, du facteur qui n'aura pas besoin de sonner trois fois quand il reviendra.
On verra alors si l'amour ne suffit pas.
mercredi 18 mars 2020
mercredi 1 janvier 2020
samedi 28 décembre 2019
As sure as the sun
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- La semaine dernière, rue de
Tombouctou, j'ai croisé un jeune Africain hilare qui tenait un
préservatif usagé à la main.
- Elle est où, la rue de Tombouctou ?
- Près de la place de la Chapelle.
- Ah oui.
- Hier, j'ai entendu un jeune couple
affirmer à un autre que les Big Mac étaient beaucoup moins bons à
New York qu'ici, parce qu'en France on a une super viande.
- C'est étonnant.
- Quoi ?
- Je sais pas, tout.
- Cet après-midi, alors que je n'avais
rien demandé, la vendeuse d'une boutique m'a fait la démonstration
du système d'ouverture d'une poubelle à pédale, me spécifiant
qu'on pouvait même laisser le couvercle ouvert quand on avait
beaucoup d'invités.
- Vous étiez dans une boutique où l'on
vend des poubelles, vous l'avez un peu cherché.
- Ce matin, j'étais sûr que mon père
était toujours vivant.
- La trace d'un rêve...
- C'est difficile de se fier à ce qu'on
vit.
- Il y a ce qui est réel, et ce qui ne
l'est pas.
- Moui... A la radio, j'ai entendu une
philosophe évoquer la différence entre la réalité et le réel. Il
me semble avoir compris que le réel n'avait pas besoin de notre
présence, alors que la réalité était justement notre expérience
du réel.
- Ca fait sens.
- Vous dites « ça fait sens », vous ?
- Non, c'est la première fois.
- Je préfère, j'ai eu peur de parler à un inconnu.
- Fiez vous à votre expérience.
- Vous êtes marrant.
- Non, pas très, je sais.
- Vous voulez qu'on écoute quelque chose
?
- Oui, vous savez que j'aime ça.
- Oui. Moi aussi.
mercredi 11 décembre 2019
Nightclub
Ce midi, j'ai vu un chien gratter frénétiquement le bitume de ses pattes arrières après y avoir déposé sa crotte. Il avait l’air si sérieux, entièrement à son affaire, non sans une pointe de gêne, celle de la nudité totale. Je dois ressembler à ça quand je danse. Tentant de reproduire les gestes de mes ancêtres, m’y appliquant, mais sans y croire, incapable de le faire librement pas plus que d’en rire.
J’ai dansé ce soir, seul devant la fenêtre, au son de Nightclub de Balthazar. Mes voisins du 32, au premier étage, en face, m’ont regardé, amusés, nous avons échangé un sourire. Je dois me détendre avec l’âge. Tout est moins grave. Je ne suis pas sûr de ce que ça veut dire. Ce sentiment compte certainement une part d’estime perdue, quelque chose d’un peu morbide même, mais cette défaite à un goût de pêche mûre, sucrée et juteuse. Je m’en régale, et relance Nightclub.
J’ai dansé ce soir, seul devant la fenêtre, au son de Nightclub de Balthazar. Mes voisins du 32, au premier étage, en face, m’ont regardé, amusés, nous avons échangé un sourire. Je dois me détendre avec l’âge. Tout est moins grave. Je ne suis pas sûr de ce que ça veut dire. Ce sentiment compte certainement une part d’estime perdue, quelque chose d’un peu morbide même, mais cette défaite à un goût de pêche mûre, sucrée et juteuse. Je m’en régale, et relance Nightclub.
dimanche 1 décembre 2019
Light with traction
- Bonjour
- Bonjour
- L'essentiel se passe entre, non ?
- C'est-à-dire ?
- On s'attache souvent à décrire les débuts ou les fins, on délimite, on cerne, on pose des dates, des résultats, des faits, des totaux. On fait comme si tout était bien rangé. C'est supposé nous rassurer, j'imagine...
- Ca ne vous rassure pas ?
- Non, ça m'angoisse. Parce que ça ne dit rien de ce qui se passe. On fait comme si on pouvait séparer les moments, les temps, comme des objets. Alors que l'essentiel de la vie se passe entre, à cheval...
- Dans les passages, les échanges, le mélange ?
- Oui. Ca me rappelle que c'est comme ça qu'on appelait l'essence qu'on mettait dans les mobylettes. Du mélange.
- Il y avait quelques pour cents d'huile, non ?
- Oui, je crois bien.
- ... Il y a le feu orange, quand même.
- Vous avez raison. Entre le vert et le rouge. Qui laisse le choix entre l'accélération et le freinage.
- ...
- ...
- Continuez, continuez...
- Non, c'est tout. Ca se passe entre, quoi.
- ... Vous me faites penser à un bâtiment de Renzo Piano. A sa façon de faire, plus précisément : light with traction, léger en tension.
- On m'a déjà dit ça, il y a longtemps.
- Ah oui ?
- Oui.
mardi 19 novembre 2019
Parce que
- Bonsoir.
- Bonsoir Monsieur.
- Oh, c'est bas. Ca fait longtemps d'accord, mais ce "Monsieur" n'était pas nécessaire.
- On a perdu le sens de l'humour ?
- "On" ne l'a jamais eu.
- D'accord, j'arrête. Qu'est-ce qui vous amène ? Ramène, devrais-je dire.
- Amen.
- ...
- C'était de l'humour. Vous voyez, ça ne marche pas. J'ai pensé à venir vous voir - revenir vous revoir - en visitant l'expo Hans Hartung au musée d'art moderne.
- Ah bon.
- Oui.
- Hans Hartung vous fait penser à moi ?
- Oui, en quelque sorte. Le vert et l'orange, dans sa jeunesse. Le bleu plus tard. Ce sont précisément mes couleurs. Et je ne sais pas l'expliquer, mais les masses, les à-plats doux et les traits violents, les balayages verticaux, les vides... me touchent fort.
- C'est un peu froid, non ?
- Non, pas du tout. C'est de l'hyper sensualité retenue. Et encore, ça explose souvent. De plus en plus, avec le temps. Mais la puissance est là, depuis le début. L'effroi, et le mouvement pourtant. Ca caresse, ça érafle, et ça projette.
- ...
- Pardon. Ce que je dis n'a pas d'intérêt.
- Si, si.
- Le "si, si" c'est terrible. Pire que le "c'est bien, ça" de Sarraute.
- Oh là, tout de suite les grands mots... Non, je vous écoutais. C'est vous qui vous vexez.
- C'est possible.
- Continuez.
- Non, je reviendrai. C'est déjà pas mal, pour un retour.
- On regarde quelque chose ?
- Oui, on écoute surtout. C'est une chanson de Charles Aznavour, mais la retenue du peintre lui donne une autre profondeur.
- Bonsoir Monsieur.
- Oh, c'est bas. Ca fait longtemps d'accord, mais ce "Monsieur" n'était pas nécessaire.
- On a perdu le sens de l'humour ?
- "On" ne l'a jamais eu.
- D'accord, j'arrête. Qu'est-ce qui vous amène ? Ramène, devrais-je dire.
- Amen.
- ...
- C'était de l'humour. Vous voyez, ça ne marche pas. J'ai pensé à venir vous voir - revenir vous revoir - en visitant l'expo Hans Hartung au musée d'art moderne.
- Ah bon.
- Oui.
- Hans Hartung vous fait penser à moi ?
- Oui, en quelque sorte. Le vert et l'orange, dans sa jeunesse. Le bleu plus tard. Ce sont précisément mes couleurs. Et je ne sais pas l'expliquer, mais les masses, les à-plats doux et les traits violents, les balayages verticaux, les vides... me touchent fort.
- C'est un peu froid, non ?
- Non, pas du tout. C'est de l'hyper sensualité retenue. Et encore, ça explose souvent. De plus en plus, avec le temps. Mais la puissance est là, depuis le début. L'effroi, et le mouvement pourtant. Ca caresse, ça érafle, et ça projette.
- ...
- Pardon. Ce que je dis n'a pas d'intérêt.
- Si, si.
- Le "si, si" c'est terrible. Pire que le "c'est bien, ça" de Sarraute.
- Oh là, tout de suite les grands mots... Non, je vous écoutais. C'est vous qui vous vexez.
- C'est possible.
- Continuez.
- Non, je reviendrai. C'est déjà pas mal, pour un retour.
- On regarde quelque chose ?
- Oui, on écoute surtout. C'est une chanson de Charles Aznavour, mais la retenue du peintre lui donne une autre profondeur.
samedi 16 novembre 2019
jeudi 22 août 2019
And in the morning come
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- Si je me fie aux statistiques, il me reste entre 7500 et 11 000 jours à vivre. Et évidemment, avec un peu moins de qualité vers la fin.
- Ca fait combien en années ?
- Il suffit de diviser par 365, vous avez une tête, non ? Mais justement, j'ai fait le contraire, parce que passé un certain âge, on a intérêt à être un minimum concentré, à ne pas gâcher.
- L'âge de raison arrive un peu après sept ans, en fait.
- Oui, j'ai l'impression. Il y a un moment où il est sage d'arrêter de penser que ça ira mieux l'année prochaine, parce qu'il y a peu de chances, en vrai, surtout si on ne se bouge pas un peu le cul dès demain matin.
- Vous faites quoi demain matin ?
- Je vais à la mairie à 8h30 faire légaliser une signature, ensuite j'ai quelques réunions et des trucs prévus qui ne vous regardent pas.
- C'est ça, "se bouger un peu le cul" ?
- Pas exactement.
- Mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut...
- Exactement.
- Alors, ça change quoi de penser en jours ?
- Ca réduit un peu le risque de s'endormir. Ca aiguillonne la question de la volonté. De nos volontés.
- De "nos" volontés ?
- Oui, quelles sont nos volontés avant la dernière ? Puisqu'on est supposé avoir une dernière volonté (ce qui est une sacrée question en soi, je vous l'accorde, mais il nous reste quelques jours pour y penser), on peut en avoir d'autres avant, non ? Que voulons-nous, et faisons-nous quelque chose pour ça arrive ? Ou attendons-nous que la vie et les autres décident pour nous ?
- Vous savez ce que vous voulez ?
- J'ai quelques idées, oui.
- Vous me direz ?
- Oui, oui.
- On regarde quelque chose ?
- Une pochette d'album. Et on écoute une chanson. Elle est belle.
- Bonsoir.
- Si je me fie aux statistiques, il me reste entre 7500 et 11 000 jours à vivre. Et évidemment, avec un peu moins de qualité vers la fin.
- Ca fait combien en années ?
- Il suffit de diviser par 365, vous avez une tête, non ? Mais justement, j'ai fait le contraire, parce que passé un certain âge, on a intérêt à être un minimum concentré, à ne pas gâcher.
- L'âge de raison arrive un peu après sept ans, en fait.
- Oui, j'ai l'impression. Il y a un moment où il est sage d'arrêter de penser que ça ira mieux l'année prochaine, parce qu'il y a peu de chances, en vrai, surtout si on ne se bouge pas un peu le cul dès demain matin.
- Vous faites quoi demain matin ?
- Je vais à la mairie à 8h30 faire légaliser une signature, ensuite j'ai quelques réunions et des trucs prévus qui ne vous regardent pas.
- C'est ça, "se bouger un peu le cul" ?
- Pas exactement.
- Mais on ne fait pas toujours ce que l'on veut...
- Exactement.
- Alors, ça change quoi de penser en jours ?
- Ca réduit un peu le risque de s'endormir. Ca aiguillonne la question de la volonté. De nos volontés.
- De "nos" volontés ?
- Oui, quelles sont nos volontés avant la dernière ? Puisqu'on est supposé avoir une dernière volonté (ce qui est une sacrée question en soi, je vous l'accorde, mais il nous reste quelques jours pour y penser), on peut en avoir d'autres avant, non ? Que voulons-nous, et faisons-nous quelque chose pour ça arrive ? Ou attendons-nous que la vie et les autres décident pour nous ?
- Vous savez ce que vous voulez ?
- J'ai quelques idées, oui.
- Vous me direz ?
- Oui, oui.
- On regarde quelque chose ?
- Une pochette d'album. Et on écoute une chanson. Elle est belle.
mercredi 21 août 2019
mardi 16 juillet 2019
Tout chose
- Bonsoir.
- Bonsoir.
- …
- …
- …
- Ca va ?
- Oui.
- …
- …
- Vous avez l’air tout chose.
- Tout chose, c’est mignon.
- Calme et perdu.
- Tout chose.
- Oui.
- …
- …
- …
- On regarde quelque chose ?
- Oui.
dimanche 26 mai 2019
samedi 4 mai 2019
vendredi 3 mai 2019
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