dimanche 24 juillet 2016
vendredi 22 juillet 2016
Où va le monde ?
- Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
- Pardon ?
- Je me suis réveillé en disant cette phrase "Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?". J’ai dû passer la
nuit sur la croix...
- Comment vous vous sentez ?
- Un peu mal partout, mais normal, j’imagine.
- …
- Bonjour, au fait.
- Ah oui, bonjour.
- ... Je me disais que tous nos dieux avaient
disparu ou étaient en train de disparaître. Même les plus récents comme Georges
Marchais, ou Bernard Tapie.
- Il est mort, Tapie ?
- Non, mais il n'existe plus.
- Oui, d'accord.
- Je continue. Les dieux meurent. Même les vrais. Quelques
personnes croient encore à Jésus, mais personne n'attend plus rien de Zeus ou de Poséidon. C'est fini pour eux.
- C’est vrai, les dieux vivent deux à trois mille ans et puis ils disparaissent, on dirait.
- C’est un problème. Surtout quand il n’y a pas de relève.
- Oui, c’est dur de vivre sans croire. On ne sait plus où va le monde.
- Oui, c'est ça, j’ai l’impression.
- Il y a l’amour.
- Oui, mais ça dure généralement moins de trois mille ans.
- Un peu moins, oui.
- Oui.
- On regarde quelque chose ?
- Evidemment.
jeudi 21 juillet 2016
mercredi 20 juillet 2016
Comme des frites
Le 12 ne répond plus, la tour
blanche est perdue
On replie l’échelle, on a
coupé la lance
Les flammes sont en transe,
les pompiers sont trempés
On transpire un peu fort
pour un mois de janvier
Il n’en reste que deux,
reclus là-haut dedans
Riant comme des fous ? Enamourés jusqu’aux dents
Ont-ils la tête à la fête comme des allumettes ?
Couchés en chien d’fusil,
mourant pour la fratrie ?
Non, écoutez! Ils pleurent.
Ils pleurent tant et sans fin
Qu’à la toute fin le feu s’éteint
(le feu s’éteint)
Et c’est encore plus triste,
tout ce noir dans ce noir
Après tant de chaleur, rien
de rien que ce rien
Alors ils pleurent encore,
mais de toute leur essence
Et le feu se ranime, comme
les mots ont un sens
La nuit s’éclaire du
carburant de leurs âmes
Les pompiers bâillonnent la
sirène, retrouvent leur femme
N’ont pas le cœur à jouir,
mais ne savent où aller
Et pour mieux s’endormir,
les engrossent sans broncher
Ca ronfle déjà quand les crétins
crépitent
Faut croire qu’ça les amuse
de finir comme des frites
Et quand il n’y aura plus
rien à brûler, il n’y aura plus qu’à pleurer
Et quand il n’y aura plus
rien à pleurer, il n’y aura plus qu’à brûler
…
mardi 19 juillet 2016
lundi 18 juillet 2016
Don McCullin est un voyant
Quand Don McCullin photographie la campagne anglaise, on voit les
soldats qui n’y sont pas ; le ciel est chargé des conflits à
venir ou des incendies passés ; les chemins dessinent le passage
des auto-chenilles et des bataillons isolés ; les trous d’eau masquent tant bien que mal
les cratères d’obus. Et on pense forcément que ces traces de guerre absentes
des paysages sont dans les yeux du photographe, sinon comment les
verrait-on ? Quand Don McCullin photographie les sans-abri de Londres fin
60, ils ont le même regard que ceux des réfugiés des zones de guerre qu’il couvrira
plus tard, le même désespoir et la même incrédulité, le même déracinement. Qui
rappelle qui ? Quoi précède quoi ? Quand Don McCullin photographie Palmyre en 2006, il voit que ces
colonnes auront pris la place de leur ombre quelques années plus tard ; l’homme maîtrise le temps et l’espace ; il sait ce qui va se
passer et quand. Pour choisir calmement exposition et cadre au milieu des
balles, il faut forcément savoir certaines choses extraordinaires. Quand on sort de son expo, évidemment, le ciel d’Arles est en guerre. Don McCullin
est un voyant.
mercredi 13 juillet 2016
Reptilien
- Bonjour.
- Bonjour.
- Planchon dit que le théâtre est là pour mettre en scène les conflits humains. Deux personnages sur la même scène, face à face, en conflit. La poésie exprime tous les sentiments, mais n'est pas adaptée à la tragédie. Les écrivains peuvent explorer l'âme humaine, mais les grands auteurs de théâtre concentrent leur art sur les conflits humains. Le hasard n'a pas sa place dans ces intrigues, pas de quiproquo ou d'incompréhension entre les personnages, ou alors comme simples péripéties. Ce sont leur volonté qui s'opposent, sur le fond, dans leur essence. Et aucun n'a tort. Et aucun ne peut se rallier à l'autre. C'est tragique.
- Le théâtre comique existe aussi.
- Oui.
- Même dans l'art classique.
- Oui oui. Vous saviez que les toilettes du Carrousel du Louvre sont payantes ? 2€50!
- 2€50 ?!? C'est énorme.
- Oui, il paraît que les Chinois refusent de payer. Alors ils forment un cercle et l'un d'eux chie au milieu.
- Non ? Vous les avez vu faire ça ?
- Non.
- C'est dingue.
- Oui.
- On regarde quelque chose ?
- Oui.
- Bonjour.
- Planchon dit que le théâtre est là pour mettre en scène les conflits humains. Deux personnages sur la même scène, face à face, en conflit. La poésie exprime tous les sentiments, mais n'est pas adaptée à la tragédie. Les écrivains peuvent explorer l'âme humaine, mais les grands auteurs de théâtre concentrent leur art sur les conflits humains. Le hasard n'a pas sa place dans ces intrigues, pas de quiproquo ou d'incompréhension entre les personnages, ou alors comme simples péripéties. Ce sont leur volonté qui s'opposent, sur le fond, dans leur essence. Et aucun n'a tort. Et aucun ne peut se rallier à l'autre. C'est tragique.
- Le théâtre comique existe aussi.
- Oui.
- Même dans l'art classique.
- Oui oui. Vous saviez que les toilettes du Carrousel du Louvre sont payantes ? 2€50!
- 2€50 ?!? C'est énorme.
- Oui, il paraît que les Chinois refusent de payer. Alors ils forment un cercle et l'un d'eux chie au milieu.
- Non ? Vous les avez vu faire ça ?
- Non.
- C'est dingue.
- Oui.
- On regarde quelque chose ?
- Oui.
mardi 12 juillet 2016
La fête noire
- Bonjour
- Bonjour. Vous êtes toujours en colère ?
- Bah oui. Vous avez une info à me donner pour que ça
change ?
- Euh, il a fait beau deux trois jours...
- Mmh, super.
- Mais ça n’a pas duré, non.
- Non.
- Qu’est-ce qui vous amène ?
- Je me disais qu’on passe beaucoup de temps à craindre la mort, et quand
on trouve quelques astuces assez convaincantes pour en avoir un peu moins peur,
notre angoisse se déplace aussitôt ailleurs et c’est pire. Même si c’est peut-être
mieux.
- C’est pas clair clair votre affaire…
- Oui, je précise. Vous connaissez les mots d’Epicure “Aussi
longtemps que je suis là, elle n’y est pas, et quand elle est là, je n’y suis
plus“ ?
- Oui.
- Oui, eh bien je me disais que ne plus être là, c’est ça la souffrance,
c’est entrer dans le néant. Mais on ne peut pas entrer dans le néant, puisqu’on
ne peut pas être dans le néant, donc on ne peut pas y souffrir…
- Oui, c’est pas faux, mais c’est un peu l’idée d’Epicure justement.
- Sûrement, mais ce n’est pas mon point. Aussitôt je me dis que si la mort
est moins un sujet, c’est de ne pas savoir vivre qui en devient un
plus grave. Mécaniquement. Et ça m’angoisse. Même si la mort reste quand même un sujet…
- Oui, quand même…
- Bah oui.
- Qu’est-ce qui vous paralyse le moins, la peur de la mort ou la peur de
ne pas savoir vivre ?
- Difficile à dire… La première diminue peut-être un peu mais comme l’une
s’ajoute à l’autre… Et j’ai bien peur de ne pas pouvoir choisir.
- Bien sûr, mais commencez par prioriser. Si la mort vous fait moins peur, pensez-y
plus souvent, ça vous évitera de trop vous angoisser de ne pas savoir quoi
faire de la vie.
- Donc, pour vivre mieux, je dois penser plus à la mort, vous
croyez ?
- C’est discutable, je vous l’accorde.
- C’est discutable, je vous l’accorde.
- Disons que c'est assez noir comme perspective.
- On a un truc à regarder ?
- Bien sûr. Un truc festif.
lundi 11 juillet 2016
dimanche 10 juillet 2016
La capsule
Ses poumons avaient grandi. Et peut-être son sexe aussi, mais c’était moins sûr. Sa cage thoracique s’ouvrait comme les deux battants d’une fenêtre et son diaphragme voletait comme un papillon. Il songea à une vie sous-marine, intra-utérine, un temps d’avant la mémoire. Il était présent là maintenant comme alors, entièrement. Les dimensions réduites de la capsule l’apaisaient. Il ne souffrait d’aucune claustrophobie, au contraire, il flottait sans contrainte dans l’espace infini, la capsule faisant office de nouvelle enveloppe dont les hublots remplaçaient avantageusement ses lunettes. Il souriait sans y penser, le regard perdu dans le noir. Il ne manquait rien. Rien ne manquait. C'était donc là qu'il fallait vivre. Il espéra un bug millénaire, une rupture de faisceau qui interdirait tout retour. Tout était si doux ici, si rond. Le silence vous embrassait derrière l’oreille et l’atmosphère vous caressait comme une mère. Il s’endormit. A son réveil il survolait des forêts de conifères en feu, puis des déserts ocre, et des mers et des glaciers et des étendues gazeuses indéfinies, des surfaces indescriptibles et des couleurs inconnues, et la nuit et le jour si ça voulait encore dire quelque chose. Il dériva des siècles et la capsule atterrit au sommet d’une colline. On aurait juré l’Auvergne dans le futur, ou Paris au XIXe siècle. Mais peu importe, que ce soit ici ou ailleurs, hier ou demain, on atterrit toujours au présent, c’est la conjugaison qui veut ça. La capsule est sur le flanc, immobile. Il respire profondément, il reste là.
jeudi 7 juillet 2016
dimanche 3 juillet 2016
Jamais de beau temps dans ce pauvre paysa-ageu
- Michel Rocard est mort.
- Oui.
- J’aimais beaucoup ce Monsieur.
- Oui.
- Sa pensée me faisait du bien, c’était toujours éclairant.
Et intègre autant que je pouvais en juger. Savoir que quelqu’un réfléchit bien, c’est rassurant, non ?
- Si.
- Ca ne vous fait rien, vous, qu’il ait disparu ?
- Si, si. Mais il était assez âgé…
- Oui, on est tous mortel, je suis au courant. Mais
certains départs nous laissent plus seul que d’autres.
- C'est vrai.
- Vous vous souvenez de la phrase de Desproges ? "Le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme, alors que le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules."
- C'est vrai.
- Vous vous souvenez de la phrase de Desproges ? "Le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme, alors que le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules."
- Je croyais que les moules c’était pour la mort de Rika
Zaraï…
- Non, il me semble bien que c’était Tino Rossi… Rika
Zaraï, c’était une histoire de boudin oriental…
- Ah oui, peut-être…
- En tous cas, je voulais dire que pour moi c'est plutôt très Brassens que Michel Rocard soit mort. Les gens qui disparaissent, le temps qui
passe... Oui, je sais, c’est atrocement banal.
- Ca vous fait du bien de le dire ?
- Quoi ? Que c’est banal ?
- Non, que cette disparition vous attriste.
- Je sais pas si ça me fait du bien…
- A quoi vous pensez ?
- … Et puis, Michael Cimino. Tous ces titres nuls qui
disent qu'il a passé la porte du paradis... Alors que c’est magnifique La porte du
paradis, c’est un autre Badlands, c'est l'Amérique, violente, romantique, désespérée... Et Voyage au bout de l’enfer, c’est
inoubliable, même si c’est un horrible titre, cette référence ratée à Céline. Alors que le titre original était parfait.
- Vous êtes en colère ?
- Bah oui, évidemment. Pas vous ?
- Bah...
- "Bah…" Vous n'êtes pas triste, vous n'êtes pas en colère, vous m'écoutez m'énerver et vous ne dites rien. Vous n’avez rien à me
dire, vous ?
- C'est vous qui parlez. C'est comme ça.
- "C'est comme ça..." Pfff... Vous êtes vraiment désespérant.
- On regarde quand même quelque chose ?
- La chanson la plus bluesy que je connaisse, alors. Je l'ai apprise à la maternelle et je l'ai jamais oubliée. Et il y a une version de Brassens avec Nana Mouskouri sur youtube. C'est pas Rika Zaraï, mais c'est pas mal non plus.
- On regarde quand même quelque chose ?
- La chanson la plus bluesy que je connaisse, alors. Je l'ai apprise à la maternelle et je l'ai jamais oubliée. Et il y a une version de Brassens avec Nana Mouskouri sur youtube. C'est pas Rika Zaraï, mais c'est pas mal non plus.
vendredi 24 juin 2016
mercredi 22 juin 2016
Volvo, volvis, volvere.
Le ciel est de la couleur de l’autoroute, je suis seul au
volant avec Feu! Chatterton. Les arbres qui ondulaient gentiment derrière le
pare-brise donnent soudain un coup de pied dans une porte de ma mémoire qui
s’ouvre sur mon regard d’enfant assis à l’arrière de la GS et les sensations
qui vont avec. C’est court, mais net, une téléportation de Brugges à
Ris-Orangis quarante ans plus tôt. J’ai sept ans l’espace de deux secondes, le
temps d’un bug que la Volvo en cruise-control gère avec calme. Mes parents sont
silencieux, j’ai un peu mal au cœur et une mélancolie m’habite, qui ignore
encore son objet. Je reviens au volant avec le sentiment de rouler depuis toujours.
J’ai hâte d’arriver quelque part.
mardi 21 juin 2016
lundi 20 juin 2016
dimanche 22 mai 2016
Ceux qui sont sauvés et les autres
- Bonjour.
- Bonjour.
- Ce matin en allant au lavomatic, j'ai croisé des chiottes roses abandonnées dans la rue. Mais bien placées. Pile au milieu d'un mur carré, sous un dessin de dragon volant.
- Ah.
- J'avais pris les poèmes de Carver pour patienter pendant le lavage, mais ça n'a pas été possible.
- Quoi ?
- De lire. Il y avait trois femmes. Enfin, une petite fille, sa mère et la grand-mère probablement. Tziganes, parlant roumain peut-être. J'avais posé mon livre sur un des sièges libres le temps de mettre mon linge dans une machine, et la plus vieille s'est assise dessus. Sur les poèmes de Carver.
- Ah oui.
- Oui. Bon, j'ai récupéré mon livre. Mais elles parlaient non stop. Et de temps en temps, sans raison particulière, la mère criait sur la petite fille. Des cris très brefs, très fort. La petite fille sortait alors la tête d'une machine pour aller la mettre dans une autre. Et ainsi de suite. Absolument impossible de lire.
- J'imagine.
- Mais bien sûr, ce n'est pas la question. C'est surtout que je me sentais agressé. Il est petit le lavomatic. Et c'est particulier de laver ses slips et ses chaussettes devant des gens. C'est un moment intime, quoi. Il faut un minimum de confort. De discrétion, plutôt. Bref, je suis allé marcher dans la rue. Mais il y a peu de monde sous la pluie le dimanche matin à 10 heures. Pas des gens très en forme, en tous cas.
- Des vies difficiles.
- On doit pouvoir dire ça, oui. Ca m'a fait du mal, mais ça m'a fait du bien, en effet.
- Relativement.
- Ce matin en allant au lavomatic, j'ai croisé des chiottes roses abandonnées dans la rue. Mais bien placées. Pile au milieu d'un mur carré, sous un dessin de dragon volant.
- Ah.
- J'avais pris les poèmes de Carver pour patienter pendant le lavage, mais ça n'a pas été possible.
- Quoi ?
- De lire. Il y avait trois femmes. Enfin, une petite fille, sa mère et la grand-mère probablement. Tziganes, parlant roumain peut-être. J'avais posé mon livre sur un des sièges libres le temps de mettre mon linge dans une machine, et la plus vieille s'est assise dessus. Sur les poèmes de Carver.
- Ah oui.
- Oui. Bon, j'ai récupéré mon livre. Mais elles parlaient non stop. Et de temps en temps, sans raison particulière, la mère criait sur la petite fille. Des cris très brefs, très fort. La petite fille sortait alors la tête d'une machine pour aller la mettre dans une autre. Et ainsi de suite. Absolument impossible de lire.
- J'imagine.
- Mais bien sûr, ce n'est pas la question. C'est surtout que je me sentais agressé. Il est petit le lavomatic. Et c'est particulier de laver ses slips et ses chaussettes devant des gens. C'est un moment intime, quoi. Il faut un minimum de confort. De discrétion, plutôt. Bref, je suis allé marcher dans la rue. Mais il y a peu de monde sous la pluie le dimanche matin à 10 heures. Pas des gens très en forme, en tous cas.
- Des vies difficiles.
- On doit pouvoir dire ça, oui. Ca m'a fait du mal, mais ça m'a fait du bien, en effet.
- Relativement.
- Relativement, oui.
- ...
- Je boirais bien un Chasse-Spleen.
- ...
- Je boirais bien un Chasse-Spleen.
- Vous aimez ce genre de vin, vous ?
- Non.
- De toutes façons, je suis pas caviste.
- C'est vrai.
mercredi 18 mai 2016
mardi 10 mai 2016
Daydreaming
- Salut.
- Bonjour.
- On parle ?
- Je vous écoute.
- Ah oui, c’est toujours au même de s’allonger…
- Bah, c’est un peu le principe oui.
- C’est pas faux.
- Vous passez la nuit debout et vous venez vous allonger chez
moi la journée.
- Moui…
- Vous passez pas la nuit debout ?
- Pas vraiment.
- Ah bon ?
- Bah…
- Je vous imaginais plus motivé…
- Bah j’ai le cul entre deux chaises, je suis un peu un
bourgeois quand même.
- Oui.
- …
- Vous vouliez me parler de vous ?
- Non non.
- Vous êtes sûr ?
- Oui oui. Une autre fois peut-être.
- On regarde quelque chose ?
- Oui.
mercredi 4 mai 2016
La pizza et le grand coffre
Sur la place de Maussane, un petit garçon de 6 ans profite de la pause pizza pour prendre la parole devant ses amis (jusque là passablement excités) :
"Maria est morte. Quand on est mort on nous met dans un grand coffre et on met le coffre dans un trou. Après on le referme et on peut plus voir celui qui est mort. Et celui qui est mort il peut plus voir rien. Les parents aussi ils sont morts. Même les parents ils vont être morts. Tout le monde va être mort. Oui."
Les autres le regardent en silence, la bouche ouverte. La pizza refroidit, mais maintenant ils sont calmes.
"Maria est morte. Quand on est mort on nous met dans un grand coffre et on met le coffre dans un trou. Après on le referme et on peut plus voir celui qui est mort. Et celui qui est mort il peut plus voir rien. Les parents aussi ils sont morts. Même les parents ils vont être morts. Tout le monde va être mort. Oui."
Les autres le regardent en silence, la bouche ouverte. La pizza refroidit, mais maintenant ils sont calmes.
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